
A Milan, la gauche l'emporte avec 55 % des voix, à Naples, elle fait 65 %, et le reste est à l'avenant.
L'Italie toute entière retenait son souffle en attendant les résultats du deuxième tour des élections municipales et provinciales partielles.
Disons-le tout net, c'est une raclée électorale sans précédent qui a été infligée à Berlusconi et à son système. Les secousses ébranlent l'alliance électorale qui regroupait une droite disséminée dont il constituait la colonne vertébrale. On y retrouvait un centre-droit mal remis de l'explosion de la démocratie chrétienne, allié de circonstance d'une extrême-droite sécessionniste sans équivalent de notre côté des Alpes et qui se situe très nettement à la droite des Le Pen père et fille. S'y accolaient des personnalités éblouies par le clinquant d'un personnage odieux et fascinant.
Je ne vais pas m'étendre sur le personnage de Berlusconi, sur ses procès, ceux-ci portant sur des liens supposés avec la mafia, sur ses frasques sexuelles, sur du proxénétisme et détournement de mineures... passons sur les subornations de témoins, et abus de fonctions. On disait que l'Italie lui pardonnerait... Ils sont comme ça les Italiens, entendait-on dire !
Bon, c'est non ! Les Italiens ne lui ont pas pardonné.
Ni l'arrogance du personnage, ni son incapacité à conduire une politique, et plus il a voulu cacher son incapacité à agir, à gouverner par l'outrance de ses propos, plus il a donné du poids à ses adversaires. Je lâche quelques bribes de propos entendus pendant la campagne ... à coté desquels les déclarations de Brice Hortefeux et de Claude Guéant, pourraient paraître de l'intégrité républicaine.
1) Comparaison des juges avec les brigadistes (allusion aux Brigades rouges dont l'action a ensanglanté l'Italie pendant les années de plomb et qui ont provoqué la mort de nombreux juges, justement).
2) Sur Milan, dire que Milan allait être transformée en Roumanopolis, allusion aux gens du voyage ...
3) Encore sur Milan de dire qu'elle allait devenir une cité islamique ...
Et les Italiens ont dit non. C'est la première bonne nouvelle en provenance d'Italie depuis dix ans ! Les outrances racistes de Berlusconi ont eu pour conséquence de l'affaiblir, de l'éloigner d'une extrême droite légitimée mais qui perd ses fiefs... et de mettre en avant un langage de bon sens et de raison.
Reste à transformer l'essai, bien entendu. Reste à construire un projet politique capable de répondre aux enjeux énormes de l'Italie et qui nous concerne directement. Unifier le pays, agir contre la mafia, être acteur d'une Europe nouvelle et répondre aux angoisses sociales de la population..
Quand je vous disais que l'avenir de l'Italie nous concerne directement. Dans les outrances, dans les errements, dans leurs solutions, nos deux destins sont liés.