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jeudi 5 juin 2014

70 après .... Les traces que nos pères ont laissées.

la promenade des descendants au cœur des alignements stricts
des corps ramassés des jeunes combattants. Ce ne sont qu'une
part des traces laissés par les pères de notre histoire. Les souvenirs,
les blessures, les fantômes de la guerre continuent de leur survivre.
Laurent Giesbert est un ami. Ancien président de la fédération de l'Eure du parti radical de gauche, il est aussi le frère du grand journaliste Franz-Olivier Giesbert, dont la notoriété dépasse nettement celle de notre région.


J'ai toujours senti Laurent particulièrement attaché aux cérémonies du souvenir de la libération de la France et du débarquement en particulier. J'ai mieux compris pourquoi en lisant le livre de son frère "L'américain", qui raconte l'histoire de leur père, un jeune homme venu des Amériques, libérer la France et y rencontrant l'amour.
Oui, mais on ne se remet pas comme ça des scènes de guerre. J'ai notamment traité de ce sujet, lorsque j'avais reçu lors d'un café radical mémorable, mon amie Marlène Peyrutie, revenue sur ses terres natales, parler de son expérience de mère de soldat.

La couverture poche du livre
de F-O Giesbert. Un
 témoignage personnel, romancé
des suites laissées par la vie qui
continue après le feu.
Je vous propose aujourd'hui, en avant première, la version courte paru à la télévision allemande du film "die Spur der Väter", que je traduis audacieusement par "les traces que nos pères ont laissé. Il s'agit de rencontres croisées entre les enfants des protagonistes du débarquement. Il y a du français, de l'allemand, de l'américain, un peu tout ce qu'était le père de Laurent Giesbert qui apparait dans le reportage. Frederick-Julius Giesbert, américain fils d'immigré allemand, a débarqué sur le sol Normand pour libérer la France et y est resté jusqu'à sa mort. Il s'agit avant tout d'un récit poignant, déchirant, bien loin d'une vision idyllique et héroïque de l'Histoire. Et pourtant, si l'héroïsme, l'amour, c'était d'abord cela, ce quotidien parfois difficile que nous ont laissé nos pères. Pour en savoir plus, cliquer ici.
Ci-dessous, la traduction du texte de présentation du documentaire et qui figure sur le site :
Le débarquement des forces alliées le 6 Juin 1944 sur les plages normandes,  a correspondu le début du cauchemar pour la Wehrmacht qui a connu alors la guerre sur deux fronts face à un adversaire numériquement supérieur , disposant d'une armée moderne et équipée. Beaucoup de soldats allemands ont aussi soudainement réalisé que l'Allemagne ne pouvait pas gagner cette guerre . Cependant , avec la conquête des plages , la bataille est loin d'être finie. Elle s'est maintenue pendant des semaines dans l'arrière-pays du nord de la France.L'opération d'atterrissage a fait l'objet de nombreux documentaires notamment cinématographiques. Ce film rassemble des points de vue très personnels sur des opérations décisives de la guerre . Les fils de deux anciens ennemis se lancent sur ​​les traces de leurs pères . Le fils de soldats américains origine allemande Frederick Giesbert et le fils du lieutenant allemand Heinze . Ensemble, ils vont sur ​​les plages, les champs de bataille , les tombes .Saint Lô , capitale des RuinesVisite de la ville de Saint- Lô , devenue " City of Ruins". Voici le lieutenant Heinze qui reconnait devoir sa vie au capitaine américain d'un réservoir "Sherman" et le GI Giesbert qui a dû sa survie au fait qu'il était fils d'immigrants allemands. Il a ainsi réussi à s'échapper lors qu'il s'est retrouvé face à une troupe de soldats de la Wehrmacht grâce à connaissance de l'allemand. On en connaît très peu cependant sur ce germano-américain, qui est resté en France , y a fondé une famille et a raconté ses souvenirs dans les dessins poignants .Les pièces des archives américaines ont été brûlées, il faut rechercher des témoignages. Theodore «Ted» Shuey , en Juin 1944, commandant de la 116e Régiment d'Infanterie US , Jean- Christophe Giesbert le fils français du GI, dans la recherche. Il rencontre aussi Martin Galle, dont le grand-père était lieutenant Heinze, le commandant du régiment de la Wehrmacht et Jean Mignon de Saint- Lô , qui peut bien se souvenir de sa rencontre avec Heinze .Les souvenirs de ces hommes sont illustrés par de rares images d'archives de l'époque de l'opération de débarquement et des scènes de reconstitution filmés entre "Omaha Beach", site d'atterrissage et Elbeuf où le soldat Giesbert a rencontré sa future femme et l'amour - C'est ce lien qui a permis la fondation de sa famille que remonte Jean- Christophe Giesbert. Ainsi, les événements dramatiques de ce jour de Juin demeurent vivants et réels- même si les adversaires sont devenus des amis et des alliés du passé .

Post scriptum :  bien entendu, le film sera un peu difficile pour les non-germanophones, le reportage étant destiné au public allemand. Mais il s'agit d'un film français qui sera bientôt diffusé dans sa version longue sur une chaîne française. Je vous tiendrai au courant.










mercredi 24 octobre 2012

Réalité cachée de la guerre ... un article et un colloque

Le café radical avait invité en mars Marlène Peyrutie, présidente de l'association Terre et paix pour évoquer les blessures cachées de la guerre.
Le travail persistant de l'association a réussi à capter l'attention des médias, et un grand article est paru dans le quotidien le Monde sur le sujet que l'on peut consulter en cliquant là.
L'article sur une double page fait référence à un colloque qui se tient à Paris sur le sujet.




Depuis que j'ai été informé de ce problème, je n'ai cessé de dire que la prise en compte des blessures psychiques nous obligeait à repenser le problème de la guerre dans nos sociétés modernes, et dans celle si nouvelle, si extra-ordinaire laissée par l'Europe, la grande Europe, prix Nobel de la paix, qui laisse un continent à l'abri de la guerre et de la dictature sur son sol depuis 70 ans.
Je voudrais simplement sans vouloir me mêler des réflexions qui vont alimenter le débat.
Nous avons beau être à l'abri de la guerre, al guerre "est toujours présente. D'abord, parce que, comme poursuite de la politique par d'autres moyens que la politique (Clausewitz), elle est forcément présente derrière toute négociation ou toute réalité d'État.
Images de la Résistance en France. On note la jeunesse des
combattants ... derrière une adolescence héroïque, il y aura
toute une vise qui portera la reconnaissance sociale et souvent
les blessures intimes.
Depuis que j'ai lancé localement le débat, j'ai été surpris des témoignages recueillis... d'autant plus surpris que ce sont des témoignages que je n'ai pas cherché. Il sont venus comme ça, au fil de l'eau, au coeur des conversations. je m'attendais à avoir des souvenirs d'Algérie .. mais non ... Rien de précis de ce côté là. J'ai eu des témoignages de ...  la Résistance.  
ces témoignages d'ailleurs ne venaient pas de témoins directs ... mais de descendants direct, d'enfants de résistants, avec des profils par ailleurs semblables. Enfants, maltraités par leur père, soit battus, soit méprisés ... alors que leur père donnait l'apparence d'une bonne insertion sociale. Cadre à la poste, ouvrier, militants syndicalistes ... mais tous les deux à ce point marqués qu'ils étaient incapables de jouer leur rôle de père, c'est à dire qu'au delà de l'insertion sociale, la vie normale leur était impossible.
Et c'est d'ailleurs ce qui me sidère. Non, à part l'indignation d'un ancien combattant d'Algérie, qui s'indignait que l'on s'apitoie sur le sort de soldats volontaires et rémunérés, les témoignages que j'ai eu me provenait d'expériences intimes vécues non par des soldats, mais par des fils de Résistants.
Or, en principe, on ne peut pas faire plus volontaire qu'un résistant. En France, on en peut pas faire plus glorieux... parce qu'on sait qu'ils ont été rares, les Résistants, et qu'ils ont été encensés.

Images d'une ville bombardée en Syrie. Au delà des murs, ce
sont des femmes et des hommes, combattants on victimes
qu'il faudra reconstruire.
Mais cependant, quelles que soient les circonstances, la guerre est une chose terrible, qui rompt avec les principes de la vie sociale.
Les jeunes adolescents, qui par conviction pure et dure, qui par connaissance et besoin d'agir, qui parce que, ayant refusé le STO (Service du Travail Obligatoire, imposé par le régime de Pétain) ont rejoint les réseaux  de la résistance, se sont retrouvés plongés dans le vide de l'expérience militaire, de la clandestinité, de la torture et de la mort qu'ils ont côtoyé au quotidien, qu'ils aient à la subir ou à la pratiquer. Et de cette expérience, ils ont été, pour la plupart , incapables de parler ... et c'est simplement leurs enfants qui peuvent , des dizaines d'années après l'évoquer.
N'est ce pas une leçon terrible sur l'humanité.
La Résistance a pratiquement disparu du paysage politique , même si elle a façonné la France de l'après-guerre. Mais elle continue à laissé des traces, qui dépassent largement son aspect marginal. A comparer avec ce qui se passe en Syrie, où la guerre civile a pris une ampleur terrible qui n'épargne aucun habitant, qui déchire les communautés, les villes, les villages et les familles ... on ne peut que se demander ce qu'il restera des individus, et de la manière dont ce qui se relèvera  du champ de ruines, sera capable de cicatriser les blessures profondes au delà de la nécessaire façade politique,

dimanche 25 mars 2012

Un nouveau café ...

Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas pris de café...  !C'est bien dommage, et c'est même parfaitement inexcusable alors que le débat prend une toute autre ampleur... 
Je me permets de vous rappeler le premier thème des cafés radicaux : "Sarkozy est-il fini ?" On avouera que c'est un sujet qui dépasse à présent complètement le cadre d'une salle de bistrot... Mais ça n'empêche pas de se retrouver pour refaire le monde ... ou simplement progresser grâce à la confrontation des points de vue. 




Vendredi prochain, donc, un débat sur un sujet lié intrinsèquement lié au pouvoir et à la politique, un débat sur un sujet dur : quelle armée pour quelle guerre ?
Marlène Peyrutie
Le débat sera animée par Marlène Peyrutie, une lovérienne d'origine, vivant à Arcachon, militante de gauche, qui a créé l'association Terre et Paix, à la suite du retour de son fils militaire engagé en Afghanistan. 
C'est vrai, depuis la fin de la conscription et du service militaire obligatoire, l'armée fait beaucoup moins partie des préoccupations quotidiennes des Français. On peut s'en réjouir, on peut le regretter... Mais ce qu'on ne peut ignorer, c'est que l'engagement de notre Nation nous engage totalement. Elle est une large part de notre identité nationale. 
Une simple remarque au passage : je viens de lire avec effroi, les obscénités de Marine Le Pen déclarant : Combien de Mohamed Merah dans les bateaux, les avions, qui chaque jour arrivent en France remplis d'immigrés ? ...
Imad Ibn Zlaten 
La seule réponse est de citer les noms des militaires assassinés : Mohamed Legouad, 23 ans ; Abel Chennouf, 25 ans et Imad Ibn Zlaten, 30 ans... combien de futurs français, prêts à mourir pour notre Nation dans les bateaux et les avions qui chaque jour arrivent en France, remplis d'émigrés ...

Imad Ibn Zlaten, était originaire de Sotteville-Lès-Rouen...
Les meurtres de Mohamed Merah donnent un éclairage tragique à un débat par nature difficile. Bien entendu, ils ne nous empêcheront pas de parler du bien fondé de notre présence en Afghanistan et de ce à quoi doit ressembler l'armée d'une République moderne. 
Pour en parler, tout simplement, autour d'un verre, toutes les idées, toutes les questions seront les bienvenues... à vendredi ...


QUELLE ARMÉE POUR QUELLE GUERRE ?
vendredi 30 mars à 18h30
brasserie : "le jardin de Bigards"
39 rue du Quai 
27400 Louviers