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Dans la cuisine italienne, out ne se mange pas. Dans certains plats, il faut en laisser au bord de l'assiette. |
Certes le Parti démocrate, de Pier-Luigi Bersani, qui réunit l'ensemble de la gauche de gouvernement, dispose d'une large majorité à la Chambre. Mais elle n'a obtenu que 0,4 % des voix en plus que Berlusconi, son successeur immédiat. La majorité à la chambre n'est dûe qu'à une loi qui permet à la liste arrivée en tête d'avoir une large majorité., un peu à la façon des municipales en France.
Pour le Sénat, c'est une autre histoire. Bien que bénéficiant d'un écart supérieur la gauche a obtenu le privilège d'arriver en tête après vérification en nombre de siège mais, on est loin de la majorité absolue. Or le Sénat a un rôle bien plus important en Italie qu'en France. Disons-le, il est impossible de gouverner sans l'accord des deux chambres sur l'essentiel.
On attendait de ces élections que l'Italie se débarrasse de ses vieux démons : berlusconisme, maffia, corruption, reste de fascisme, au lieu de cela, cette élection n'a fait que mettre à jour les attentes et les contradictions de la société italienne. Les résultats ne satisfont personne !
Rapide état des lieux en partant des situations des diverses personnalités, c'est passionnant :
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Saint Mario Monti, l'institutionnel s'est présenté aux élections avec un fort taux de popularité. En 3mois il s'est balladurisé. |
Certes, on ne saurait lui reprocher d'avoir le regard triste après une telle défaite. Mais il faut avouer qu'au faîte de sa gloire, il y a encore 3 mois, il avait la même tête.
Les Italiens l'aimaient (parce qu'ils l'aimaient) parce qu'il était l'anti-Berlusconi. Il 'aimaient parce qu'il tenait un autre discours, le discours de la Raison. Il a fait avaler aux Italiens ce que personne n'avait réussi à leur faire avaler : des hausses d'impôts, de la rigueur. Il a redressé l'économie Italienne, après des années de gestion berlusconienne qui l'avait mise à genoux.
Il a rendu l'honneur à l'Italie et à la droite. appelé au pouvoir par une droite en lambeaux, il a été soutenu par la gauche dans son approche technique de la crise. Il a quitté le pouvoir à l'aube des élections, faisant savoir au plus tard qu'il s'y présenterait. Il a fait peur à tout le monde. Aujourd'hui, il ne fait plus peur à personne. Il a ramené le score du centre à son niveau d'étiage : 10 %. En fait, la leçon à tirer de l'expérience Monti c'est qu'un bon ministre ne fait pas un bon candidat. Une popularité ne fait pas un score électoral, que ce soit en France ou en Italie. La tristesse et la rigueur ne font pas un programme politique.

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Grillo, le vainqueur sans victoire. Il a réussi un score inespéré en tournant en dérision les turpitudes de son pays. Mais ça ne fait pas un programme ! |
Giuseppe a donc réussi à cristalliser, profitant de la défiance engendrée par Berlusconi lui-même vis-à-vis des institutions, emporté par le bonheur de la négation absolue, par un besoin d'identité qui trouve écho en France auprès du Front National, au Nord de l'Italie dans le parti de la Ligue du Nord momentanément en perte de vitesse.
Reste le cas de Bersani, celui qui s'était imposé sur un programme mendésien dans une primaire de gauche. Il n'a caché à personne que l'Italie était dans une situation difficile, qu'elle ne pouvait faire sans l'Europe. c'est un discours qui n'a guère a tout juste permis d'emporter la chambre.
Reste que, les résultats quels qu'ils soient ne cachent pas la réalité. Ce week end, les Italiens n'avaient pas envie de la voir en face. Ils avaient envie d'être des enfants, fascinés par le spectacle puissant d'une contestation absolue. Ils n'empêche, comme disait l'autre, les faits ont la tête dure.
Les résultats des élections vont précisément renforcer les pires aspects de la politique, les tractations, les compromissions, les accords de couloir, parce qu'il va bien falloir que le pays tourne et ne pas jeter les populations à la ruine.
On dit que les Italiens ont voté contre l'Europe. C'est faux ! Ils ont voté contre tout, et en grande partie contre eux-mêmes. C'est dommage, mais il reste que la démocratie est toujours là ... et que tôt ou tard, lesItaliens devront eux-mêmes trouver les solutions.

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