Priollaud
n'a jamais eu le sens du ridicule. Mais il a surtout le chic d'attirer
l'attention sur ses travers, qui sont nombreux. On en a déjà parlé ici ou
là. Après avoir refusé l'inauguration d'une place Mandela sous la pression de
l'extrême droite, il a fallu qu'il déclare une année des droits de l'homme
sortie de nulle part, il a aussi déclaré 2019 année du patrimoine après avoir
vendu les principaux bâtiments de la ville, il a aussi déclaré 2017 année de la
lecture juste après avoir supprimé la distribution d'un livre aux enfants de
maternelle.
Cette fois-ci, c'est
la Région Normandie elle-même, celle-dont il est le 14e vice-président, celle
qui est présidée par son ami Morin, celle qui lui permet de se promener aux
quatre coins de l'Europe et du Monde ... bref c'est la Région qui lui envoie un
terrible camouflet ! Ainsi, Priollaud
rêvait que sa salle des associations puisse être une base arrière des jeux
Olympiques ... Il s'était mis dans la tête qu'il pourrait y accueillir des
équipes d'escrime en y faisant quelques aménagements électriques. Certains dans
son entourage ne s'étaient pas privés de faire comprendre que cela était
impossible, mais on ne peut empêcher personne de rêver, n'est il pas... et
après tout, si cela confine au ridicule cela n'entre pas dans le champ du
rêveur ... jusqu'au réveil parfois brutal. Et voilà ! La Région n'a bien
sûr pas retenu cette idée de base arrière pour l'escrime. Cela était
impossible. Cela souligne d'ailleurs le mauvais coup de Priollaud qui avait
rejeté le projet de création d'une salle des sports de la municipalité Martin,
parce qu'il trouvait l'équipement trop luxueux pour les manants de Maison
Rouge. A la place, il avait
décidé de faire, une maison des Associations sans consulter les associations
... cherchez l'erreur ! Mais ce n'est pas tout... et le maladroit s'était mis
à délirer pensant peut-être rectifier son erreur en la transformant en base
arrière des équipes d'escrime pour les jeux olympiques... N'importe quoi ! La
proposition n'aura même pas été étudiée... Si vous voulez en savoir davantage sur les sites Normands retenus pour les JO 2024, rendez-vous sur le site préparez-vous pour l'or en Normandie .
Qui se souvient de Tonya Harding ?... En fait, tout le monde !Plus précisément, tous ceux qui avaient plus de 15 ans en 1994 se souviennent de Tonya Harding en ce qu'elle a changé définitivement le statut télévisuel du patinage artistique.
A quelques semaines des jeux olympiques de Lillehammer, Nancy Kerrigan sa collègue, elle aussi sélectionnée pour avait été victime d'une attaque à coups de barre de fer dans ses vestiaires. On ne tarda pas à arrêter le mari de Tonya Harding, et quelques comparses... et la représentation du monde du patinage artistique s'écroulait. Ainsi, de ce monde d'image, d'exhibition de la grâce, ce monde à part du sport, qui des commentaires béats de la télé noir et blanc de Léon Zitrone était passé aux béatitudes colorées de Nelson Montfort, tout s'écroulait.
Le patinage artistique apparaissait pour ce qu'il
était : une terrible compétition où certains se croyaient tout permis.
Nancy Kerrigan, dernière image de la grâce
innocente avant l'agression.
On sut que Tonya Harding avait été interdite de patinage artistique et on n'en parla plus. De toute façon Nancy Kerrigan, même vite remise de son coup au genou, ne remporta pas les jeux olympiques. On se doutait que contrebalançant une certaine indulgence des jurys, le fait d'avoir subi une terrible agression était traumatisme très handicapant à six semaines des compétitions.
On n'en parla plus jusqu'à ce que 20 ans plus tard, un cinéaste américain n'eut l'idée de faire un film sur l'extraordinaire personnalité à l'origine du fait divers.
Effectivement, si vous restez béat devant un triple axel, ou même un double, si vous êtes fascinés par le travail amenant aux glissements esthétiques ou la magie et la puissance des sauts et récupérations, ce film risque de vous décevoir.
Rien de tout cela dans ce film extraordinaire cependant, qui ressemble plus au baroque des frères Cohen, au cynisme de Ken Loach, voire au délire des films de Lautner dialogués par Audiard... Sauf qu'on y rit d'autant plus jaune qu'on sait que l'histoire est tragiquement vraie.
Le tragique, contrairement à ce qu'on peut penser sans trop connaître la situation ne provient pas de ce qui est arrivé dans les vestiaires à Nancy Kerrigan. En quelque sorte, Tonya Harding le dit bien : "mais qu'est ce qu'elle a celle-là à pleurnicher pour un malheureux coup de barre de fer sur ses petits genoux ?" ...
Effectivement, cette réflexion choquante extraite du début du film prend toute sa dimension lorsqu'on découvre le destin terrifiant de Tonya Harding.
On la voit enfant remise dès 4 ans à son destin glacé par sa mère terrifiante, tenant de la Cruella des 101 dalmatiens. La prédatrice n'aura d'ailleurs eu pour seule qualité que de percevoir les extraordinaires qualités de sa fille. Pour le reste elle exerce sur sa fille une domination effroyable qui amènera celle-ci directement dans les bras d'une brute imbécile qui va la battre, et sera même incapable de bénéficier à un titre ou à un autre du talent de son épouse. Bref, une suite d'horreurs menant du burlesque au tragique de ce qu'un idiot imagine le scénario incroyable de cet attentat mené contre Nancy Kerrigan, et rendant de ce fait Tonya Harding définitivement inapte à accéder à ce statut de star du patinage artistique que pourtant, personne n'aurait autant mérité autant qu'elle.
On retiendra d'ailleurs de ce film que les seuls talents sont du côté des femmes, elles seules se donnant les moyens de se tirer de leurs terribles conditions sociales, soit par leur talent, soit par leur capacité à exploiter ce talent (la mère) ou le valoriser (la magnifique entraîneuse, par ailleurs seule capable de bienveillance dans ce film désespéré).
On peut regrettera aussi que le talent des patineuses et celui de Tonya Harding en particulier soit complètement occulté... C'est qu'on ne peut pas parler de tout ... et on a tant l'occasion d'évoquer la grâce, le talent et les qualités sportives exceptionnelles des patineuses et patineurs dont les amateurs viennent d'être régalés lors des derniers jeux olympiques. N'empêche, on se doute que l'oxygène de la pauvre Tonya entre une enfance massacrée, une adolescence occultée et une maturité écrabouillée était précisément dans ce qu'entraînement après entraînement elle a réussi à construire face à l'hostilité du milieu, des jurys et des convenances d'un monde dont elle n'avait aucun atout pour maîtriser les codes.
En attendant, comme un teasing, voilà en version française puis en version orginale les bandes annonces de ce terrible film dont je sais ne pas avoir su rendre le centième de ce qu'il vaut.