vendredi 30 mai 2008

La Turquie, c'est l'Europe



L'Europe c'est quoi ? Une configuration géographique, bornée par des espaces naturels ?
En fait, il y a longtemps que les espaces qui séparent les hommes n'ont rien de naturels. On peut dire que le continent américain est limité par la mer ... mais il faut là aussi remarquer que les Antilles et la Guyane françaises ne sont pas très européennes de ce point de vue. Les pyrénnées qui séparent la France de l'Espagne ne sont devenus une séparation naturelle qu'à la suite des aléas de l'Histoire...

L'Europe c'est quoi ? Une limite culturelle ?
Sans doute, mais où se situent les limites ? Notre culture, là aussi proche de celle des Etats Unis d'Amérique, est le mélange des civilisations grecques et romaines, et de l'influence judéo-chrétienne. Signalons qu'une bonne part de la culture grecque a été bâtie sur le sol de l'actuelle Turquie, cependant que les héros créateurs du christianisme ont construit sur cette même terre leur religion. Saint Paul était de Tarse, Saint Nicolas était natif d'une ville proche de l'actuelle Antalya où les turcs accueille les touristes du monde entier... enfin, la moitié des saints recensés dans la légende dorée qui fonda à la fin du moyen âge le christianisme moderne est originaire de cette partie de ... l'Europe.
Car, quoi qu'en dise Nicolas Sarkozy, la Turquie est bien européenne.

La vraie question turque, est une question politique. Veut-on isoler la Turquie et empêcher son développement au risque de la laisser aux prises avec les dictatures méditerannéennes, laissant la place à une diplomatie du rapport de force, ou souhaite-t-on ancrer la Turquie dans le camp des démocraties modernes, ce qui donnerait à l'Europe la possibilité de devenir le moteur du monde.
En pratiquant la politique de l'exclusion à l'intérieur comme à l'extérieur de notre pays, Nicolas Sarkozy affaiblit l'Europe et affaiblit la France.
Voilà qui n'est pas de bonne augure avant la présidence française de l'union européenne.
Pour le reste je n'irais pas plus loin que l'analyse de Bernard Guetta parue ce jour dans Libération : pourquoi gifler les Turcs ?
Première phrase : la France débloque.

http://www.liberation.fr/rebonds/chroniques/internationales/329616.FR.php

PS : si le lien n'est plus valable dans quelques jours, j'en fournirais une version intégrale....

mardi 27 mai 2008

Le discours du congrès

Les lignes politiques servent à tracer des perspectives... Ci-joint le discours de Jean-Michel Baylet, président des radicaux de gauche lors du dernier congrès

http://www.kewego.fr/video/iLyROoafYr-P.html

Tapie roule pour Sarkozy

Pour ceux qui ne s'en souviennent plus, Bernard Tapie a été exclu du Parti radical de gauche à la suite du soutien qu'il a affiché à Sarkozy pendant les dernières élections présidentielles.



Cela ne l'empêche pas de parler, ce qui en soit ne serait pas trop grave s'il ne continuait à se proclamer radical de gauche et si lesdits radicaux de gauche pouvaient avoir accès aux médias pour exprimer un point de vue cohérent.



Tapie a donc parlé sur Antenne 2 samedi soir, juste avant la coupe de France de football. On ne peut pas dire, mais cet homme là a un rapport avec les médias exceptionnel.



Qu'a-t-il dit ? Je passe sur les aspects secondaires, mais surtout il reprend l'idée d'une liste aux Européennes, qu'il n'exclut pas de monter avec à la base une alliance entre les radicaux de gauche et les radicaux valoisiens... en excluant François Bayrou du lot au nom de je ne sais quels principes radicaux (je rêve ! Bernard Tapie en professeur de radicalisme ...)



Disons-le clairement, cette perspective signifierait la fin du parti radical de gauche. En devenant une annexe sarkozyste, par le soutien qu'elle afficherait implicitement à la politique ambigüe de Sarkozy en matière européenne et en marginalisant le Modem, le combat européen des radicaux de gauche serait dans les choux.



La seule perspective, comme je l'ai dit notamment au congrès consiste à faire alliance avec les pro-européens pour les élections qui auront lieu le 7 juin 2009 (je viens de l'apprendre), ceux-ci pouvant aller d'une partie de l'extrême gauche au centre et même à une partie de la droite. Je pense notamment au travail accompli par l'association "Sauvons l'Europe" qui peut voir dans cette échéance électorale un moyen de mettre en avant ses idées".

Si cette alliance consiste à mettre en avant Bayrou dans une circonscription, tant mieux ... ce n'est pas le moment de le rejetter en tous les cas. Si par ailleurs, dans d'autres circonscriptions ce sont des verts ou des radicaux de gauche, des associatifs ou société civile, nous avons possibilité de faire un coup aux européennes tout en défendant nos valeurs.



On est bien loin des perspectives offertes par Bernard Tapie.

lundi 26 mai 2008

Socialistes, encore un effort ....








Socialistes, encore un effort si vous voulez être Républicains.






Délanoë s'affirme libéral et socialiste



Ségolène dit qu'on ne peut être socialiste et libéral... après avoir fait comprendre le contraire.



Allons, allons, ne jouons pas sur les mots.



C'est la République qui compte, ça c'est le concept français et universel de ceux qui se battent pour l'égalité, la liberté et la fraternité depuis plus de deux-cents ans. Le socialisme n'est, au mieux, qu'une posture, chacun doit aujourd'hui l'admettre




Socialistes, soyez modernes, républicains !




Socialistes, devenez Radicaux !

vendredi 23 mai 2008

Bravo Ben !


Article écrit à partir de l'analyse de Christophe Alix dans le Libération du vendredi 23 mai et de la contribution de Majid El Jarroudi au congrès du parti radical de Gauche
Le parti des entrepreneurs

Le nombre d'entreprises ne cesse de croître depuis 2002. En fait, il est remarquable que la France compte à présent plus d'entrepreneurs qu'aux Etats-Unis... proportionnellement bien entendu !


Est-ce là la conséquence de la politique économique des gouvernements conservateurs ? Il est vrai que dans la conjoncture maussade qui accompagne la droite au pouvoir, ce type de nouvelles ne manque pas d'être exploité par les services gouvernementaux.

En fait le phénomène est européen, même s’il est un peu plus fort en France. Il n’est pas lié à la conjoncture et n’est pas un reflet du dynamisme de l’économie.


40 % des sociétés créées le sont par des chômeurs avec une mise de fonds inférieure à 4.000 €. 87 % des sociétés n’ont pas de salariés. Qu’on me permette ici de rendre hommage à mon beau-frère, qui vient de toucher sa plaque gratuite de chauffeur de taxi parisien après 17 (dix-sept !) ans d’attente. (Bravo Ben !)

Ainsi, ces entreprises n'ont pas la taille critique pour recruter et encore moins pour atteindre une dimension de TPE-PME pouvant les amener vers les secteurs porteurs : seulement 4,2 % d’entre elles sont innovantes.

Ce phénomène doit-il être négligé ? Loin de là.


Au-delà de son aspect économique limité, les conséquences sociales et politiques sont importantes. Signalons au passage que cette façon de faire tourne le dos à l'axiome marxiste qui prédisait la généralisation du salariat sous la domination du Capital.

Lors du congrès du parti radical de gauche, une contribution très intéressante de Majid El Jarroudi (adresse de son blog : http://www.eljarroudi.com/) a souligné le modernisme de la démarche radicale vis-à-vis de l'entrepreneur.

Bien entendu il ne s’agit pas de faire du petit chef d'entreprise la figure emblématique du parti radical de gauche comme l’ouvrier l’a été pour les marxistes.
Reconnaissons toutefois que le chef d’entreprise est complètement représentatif de l’individu s'insérant dans une dimension collective passionnante.
Chef d'entreprise, il doit se battre pour la survie de son entreprise dans un contexte forcément concurrentiel. Il doit sans arrêt s'adapter dans un monde en mutation tout en respectant les contraintes imposées par l'intérêt général.
Il est parfois, dans une commune isolée, le moyen de maintenir une activité grâce aux moyens offerts par internet en ce qui concerne le maintien de son activité et sa formation. Défenseur du haut-débit, il est alors à la pointe du télétravail et parfois maître de l'organisation de son temps. Il empêche que son village devienne une cité-dortoir. Dans les banlieues, dans les cités, on constate le taux le plus important de création d’entreprises.
Signalons au passage que le nombre de cessation d'activité n'est pas supérieure chez les demandeurs d'emploi à ceux précédemment en activité.En bref, et mon beau-frère en est un vivant exemple (bravo Ben ! bis), un individu a de plus en plus de chance de se retrouver alternativement salarié et entrepreneur au cours de son existence.
On peut en attendre une meilleure compréhension des situations réciproques de salarié et d'employeur dans un cadre humaniste et rationnel améliorant par là-même le cadre des négociations.
Ce cadre socio-économique favorise effectivement l'approche politique de la gauche moderne incarnée par le parti radical de gauche.

jeudi 22 mai 2008

Si on ne change rien...



Beaucoup connaissent ma fascination pour la formule de Tommaso de Lampedusa "bisogna che tutto cambi perché tutto rimanga com’è". Il faut que tout change si l'on veut que tout reste en l'Etat.





Le système actuel des retraites a été construit il y a cinquante ans, quand tout le monde avait du travail, que beaucoup commençaient à travailler à 14 ans et que la moyenne de durée de vie pour les hommes était de moins de 70 ans. Beaucoup arrêtaient le travail à 65 pour mourrir quelques mois plus tard. La retraite s'adressait à des organismes fatigués et pas aux retraités que l'on rencontre plein de santé, de générosité et de vigueur dont nous espérons tous faire partie le plus vite possible.


D'ailleurs on a longtemps pensé que l'acquis majeur sur les retraites devait s'obtenir en diminuant la durée du travail.


Heureusement, les vrais acquis ont été ailleurs.


En premier lieu, le travail s'est étendu aux femmes dont une bonne partie en était exclue pour des raisons de pesanteurs historiques, culturelles et idéologiques. L'équilibre français du système des retraites provient bien de l'augmentation de la part salariée du travail des femmes. Le travail est le lieu de l'autonomie bien plus encore que celui de l'aliénation. L'ouverture du travail aux femmes est un acquis.





En second lieu, la durée des études s'est allongée. Cela n'est pas sans créer de difficultés, mais c'est aussi un vrai acquis. On n'imagine pas que quelconque pouvoir revienne là dessus.





En troisième lieu, et l'on peut penser honnêtement et sans trop pêcher par excès d'optimisme que l'extension de la durée de vie est un acquis. Un homme vit en moyenne 76,7 ans et une femme un peu plus de 83 ans. C'est heureusement une moyenne qui ne cessent de s'améliorer.

Ces acquis ne sont pas forcément des acquis sociaux. Ils se sont imposés par l'évolution d'une société plus ouverte, plus instruite, plus exigente. Gageons que la qualité et la quantité de vie va encore s'étendre avec les mesures prises contre la vitesse au volant, l'alcool et la cigarette. Eh oui ! La vie et l'individu sont des valeurs sociales irréfragables






Reste le fait que, malgré les progrès de la productivité, il reste difficile d'assumer le financement de 80 ans de la vie d'un individu par les 35 années de travail qui s'étendent de 25 à 60 ans.





Personne ne demande ça, c'est vrai ... Mais c'est un peu dans une logique évidente de revendication individuelle. C'est vrai : bien peu de gens se voient travailler au delà de 60 ans. J'entendais un manifestant sur France Inter (non, pas sur France Inter, ils étaient en grève, donc c'était ailleurs) dire que d'accord, il savait qu'il vivrait plus longtemps mais il n'était pas sur qu'il serait en bonne santé. C'est aussi le problème ! S'il est en mauvaise santé, il coutera plus cher. Et pourtant, il doit être assuré d'une qualité de soin qui l'accompagne le mieux possible jusqu'à la fin du voyage. Parce que la vie, ça compte, et ça doit continuer de compter de plus en plus dans une société évoluée et évoluant.

Voilà pourquoi on ne peut parler que du problème de la retraite sans évoquer l'organisation de la vie entière, celle qui, partant de la maternité, va de la maternelle aux études supérieures, à l'entrée dans le monde du travail, sa continuité, la pénibilité du travail, son organisation... Si l'on améliore pas les conditions de travail, si l'on ne reconnait pas comme objectif la promotion d'un travail plaisant ou tout au moins satisfaisant, on aura fait des réformes pour rien.


C'est vrai que l'augmentation de la durée de cotisation (à 41 ans par exemple, pour l'instant, en attendant pire) n'a pas de sens si les entreprises se séparent de leurs travailleurs âgés (âgés parfois de seulement un peu plus de 50 ans). C'est vrai que cette même augmentation ne peut provoquer que douleurs et hurlements chez des travailleurs qui attendent leurs 60 ans dès 50 ans parce que leur travail est insupportable.


En fait, ce problème des retraites nous montre à quel point notre société est à un tournant. Que si elle veut maintenir la qualité de vie, elle doit se réformer. Si nous voulons rester nous même, nous devons tout changer !


Nous devons savoir ce que nous voulons et comment nous le voulons. C'est le rôle de la politique, et c'est pour ça que la politique, c'est drôlement intéressant... et que ça risque de le devenir de plus en plus... En dehors des utopies et des postures, de nombreux combats se dessinent. Comment voulons nous vivre et comment voyons nous la vie de nos enfants...

mardi 20 mai 2008